DOSSIERS
COPROPRIETE & TRAVAUX
La fibre optique, une
grande révolution |
|
Plusieurs
FAI (Fournisseur d'Accès Internet) préparent
leurs réseaux en fibre optique pour être
à la pointe du progrès. Ces réseaux
permettront chez certains opérateurs d'obtenir
des débits symétriques jusqu'à
100 Mégabits par seconde dans un premier temps,
tout en sachant que des vitesses de plusieurs Gbits/s
pourraient être techniquement réalisables
sur le même support à terme si le besoin
est patent.
(Dossier
réalisé par Nathalie Vaultrin et Universimmo.com
pour Copropriété
et Travaux - n°8 hiver 2008-2009)
|
|
On
vous parle de fibre optique depuis quelque temps, une
technologie censée révolutionner le monde
des nouvelles technologies. La qualité Haute
Définition, l'ADSL Très Haut Débit
et surtout l'utilisation simultanée de ces services
dans différentes pièces au sein d'un même
logement
.
Que du bonheur et de la qualité ! C'est bien
mais pour qui, comment et à quel coût ?
La fibre optique aujourd'hui, est une technologie qui
vise à remplacer à terme le réseau
cuivre actuel pour bénéficier de plus
de services, davantage de bande passante et obtenir
une vitesse de transfert et de chargement inégalée.
Une fibre optique est un fil en verre très fin
qui a la propriété de conduire la lumière.
Elle permet de transmettre une grande quantité
d'informations par un signal lumineux codé, entre
deux lieux distants de plusieurs centaines, voire milliers
de kilomètres. Les fibres sont réunies
au sein d'un fourreau qui peut rassembler plusieurs
centaines de fibres. Techniquement, la fibre optique
est donc un guide : lorsqu'un rayon lumineux entre à
l'une de ses extrémités, il se propage
à la vitesse de la lumière jusqu'à
l'autre extrémité avec très peu
de pertes. Totalement insensible aux interférences
extérieures (chaleur, haute tension, ondes),
elle est non génératrice de contraintes
électromagnétiques et ne subit aucune
perturbation extérieure. Un réseau en
fibre optique est donc à la fois fiable et pérenne.
Les
avantages de la fibre
Tout
d'abord, les fibres optiques permettent d'atteindre
des débits bien supérieurs au cuivre typiquement
2,4 Gbit/s descendant et 1,2 Gbit/s remontant, ce qui
rend leur partage possible pour la desserte des clients
et permet une transmission de données ultra rapidement,
mais les équipements associés doivent
pouvoir suivre de tels débits. Les limites de
l'ADSL liées à l'affaiblissement (lorsque
le client est situé à une distance importante
du central téléphonique) ne sont pas présentes
pour la fibre optique, ce qui permet au client d'accéder
à un débit de transmission très
important, aussi bien en émission qu'en réception.
La différence majeure pour un usager qui passerait
de l'ADSL à la fibre optique est l'uniformité
du réseau : quelle que soit l'adresse de raccordement,
le service est d'une qualité optimale à
chaque endroit du réseau. Sur son parcours, aucune
perturbation ne peut affaiblir le signal.
Comment
la fibre arrive-t-elle dans mon immeuble et jusque chez
moi ?
Pour
équiper gratuitement l'immeuble en fibre optique,
la signature de la convention d'équipement par
le Président du Conseil Syndical est nécessaire
(ou par le Syndic de Copropriété, s'il
a été mandaté pour cela), suite
à une résolution décidée
en Assemblée Générale des Copropriétaires.
Selon les villes, les opérateurs disposent de
points d'accès dans de nombreuses rues. Dès
que vous-même et votre copropriété
aurez accepté la réception de la fibre
optique, un câble optique sera tiré entre
le point d'accès le plus proche et votre immeuble.
Après la signature de votre contrat, un technicien
viendra vous installer la fibre optique. C'est-à-dire
qu'il installera depuis le point de connexion le plus
proche (central optique, armoire sur le trottoir, dans
l'immeuble, sur le palier en fonction des cas) un câble
très fin pour arriver dans votre foyer. Un équipement
spécifique sera installé dans votre intérieur.
Cet équipement sera le point d'entrée
et sera raccordé à votre modem. Mais avant
toute chose, il faut consulter les sites des opérateurs
afin de vérifier si vous êtes ou non éligibles
car pour le moment, les
réseaux sont en cours de déploiement et
seules quelques grandes villes sont raccordées.
Combien
ça coûte ?
Le
raccordement de l'immeuble à ce réseau
est totalement gratuit, simple, rapide et vient en complément
des réseaux existants. Il ne nécessite
ni équipement électrique ni local dédié,
ne génère aucune perturbation électromagnétique
qui peut nuire au bon fonctionnement des équipements
dont dispose votre immeuble comme les ascenseurs ou
les interphones. Le seul coût supporté
par les résidents est celui de leur abonnement
à leur opérateur comme auparavant pour
Internet.
(Dossier
réalisé par Nathalie Vaultrin et Universimmo.com
pour Copropriété
et Travaux - n°8 hiver 2008-2009) Pour
s'abonner à Copropriété
et Travaux : Cliquer
ici
|
| Modalités
des prises de décisions en copropriété |
 |
|
avec
www.universimmo.com
L'équipement
d'un immeuble en fibre optique suppose que la copropriété
autorise l'opérateur demandant à procéder à l'installation
d'effectuer des travaux à ses frais sur les parties
communes de l'immeuble. L'article 109 de la loi "LME"
du 4 août 2008 de modernisation de l'économie organise
les modalités de cette autorisation. Les principales
dispositions sont les suivantes :
-
Ajout dans la loi
du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété
des immeubles bâtis, d'un article
24-2 prescrivant au syndic, lorsque l'immeuble n'est
pas équipé de lignes de communications électroniques
à très haut débit en fibre optique, d'inscrire à l'ordre
du jour de la "prochaine assemblée générale" des copropriétaires
(la première convoquée, et donc pas forcément l'assemblée
annuelle) "toute proposition émanant d'un opérateur
de communications électroniques d'installer, à ses frais,
de telles lignes en vue de permettre la desserte de
l'ensemble des occupants par un réseau de communications
électroniques à très haut débit ouvert au public dans
le respect des articles L33-6
et L34-8-3
du Code des postes et des communications électroniques
créés par la même loi ; il y est précisé que l'assemblée
générale est "tenue de statuer" sur toute proposition
ainsi présentée, et que la décision est prise à la majorité
de l'article
24 de la loi ; à noter que cette dernière mention
est pour le moins curieuse : il n'est pas dit si, à
défaut, la responsabilité du syndicat des copropriétaires
pourrait être engagée, ni ce qu'il se passerait en cas
de refus ou d'abstention générale...
-
L'article 1 de la loi
du 2 juillet 1966 relative à l'installation d'antennes
réceptrices de radiodiffusion est complété par une
disposition selon laquelle "le propriétaire d'un immeuble
ne peut, nonobstant toute convention contraire, même
antérieurement conclue, s'opposer sans motif sérieux
et légitime au raccordement à un réseau de communications
électroniques à très haut débit en fibre optique ouvert
au public ainsi qu'à l'installation, à l'entretien ou
au remplacement des équipements nécessaires, aux frais
d'un ou plusieurs locataires ou occupants de bonne foi"
; il est cependant précisé que constitue notamment un
motif sérieux et légitime de s'opposer à un tel raccordement
la préexistence de lignes de communications électroniques
en fibre optique permettant de répondre aux besoins
spécifiques du demandeur", et que dans ce cas, le propriétaire
peut demander "que le raccordement soit réalisé au moyen
desdites lignes, dans les conditions prévues par l'article
L34-8-3
du Code des postes et des communications électroniques"
créé par la même loi, ou sa décision prise, "dans un
délai de six mois suivant la demande du ou des locataires
ou occupants de bonne foi, d'installer des lignes de
communications électroniques à très haut débit en fibre
optique en vue d'assurer la desserte de l'ensemble des
occupants de l'immeuble dans des conditions satisfaisant
les besoins spécifiques du demandeur", en concluant
une convention avec un opérateur dans les conditions
prévues par l'article L33-6
du code déjà mentionné.
|
| Accord
entre opérateurs... |
 |
|
Pour
faciliter le déploiement de la fibre dans les
copropriétés et laisser aux copropriétaires
le choix de leur opérateur, le gouvernement a
inséré plusieurs dispositions dans la
Loi de Modernisation de l'Economie (LME).
Ce
texte a été adopté le 4 août
dernier. Ces dispositions impliquent que les propositions
de raccordement des opérateurs envoyées
aux syndics sont obligatoirement inscrites à
la prochaine Assemblée générale
des copropriétaires, qui devra se prononcer et
statuer à la majorité des voix exprimées
par les copropriétaires présents ou représentés
(majorité de l'article 24). Une convention sera
alors signée entre le Conseil Syndical et l'opérateur
qui prendra en charge l'intégralité des
frais de raccordement, d'installation et de remplacement
des lignes. Une convention type a été
élaborée par l'ARCEP (Autorité
de Régulation des Communications Electroniques
et des Postes) en concertation avec les opérateurs
et les professionnels de l'immobilier. Un décret
d'application imposera prochainement cette convention.
Lopérateur
devra permettre à chaque propriétaire
de choisir son fournisseur dans le cadre de la mutualisation.
Chaque habitant sera donc "totalement libre de
s'adresser à l'opérateur de son choix,
en fonction de l'offre commerciale qu'il préfère".
Ce présent
accord règle surtout la question controversée
du point de mutualisation, c'est-à-dire l'endroit
où les opérateurs viendront se connecter
au réseau de celui qui a équipé
l'immeuble. Il sera implanté en un point situé,
sauf dans les cas définis par lAutorité
de régulation des communications électroniques
et des postes, hors des limites de propriété
privée*" et donc pas dans limmeuble
luimême.
Ces
dispositions valent pour Orange, Free, SFR/Neuf Cegetel
ou Bouygues Télécom qui déploient
leur réseau.
*Selon les termes du nouvel article L 34-8-3 du Code
des postes et des
communications électroniques, modifié
par la Loi de Modernisation de lEconomie.
|
 |
|
|
|